Entre un rendez-vous dans notre atelier avec le menuisier, l’arrivée du plombier et le départ de l’électricien, j’ai la sensation d’être au milieu du gué. Et comme je sors d’un rendez-vous avec le comptable et que j’enchaîne avec le banquier, le sentiment est décuplé. Derrière moi, la trajectoire déjà bien ancrée de Calepino. Devant moi : un nouveau gros projet complémentaire à Calepino pour la fin d’année et un grand point d’interrogation. Dois-je continuer à me battre pour mon indépendance?

Avec le nouveau projet qui intègre l’impression typographique artisanale et l’aménagement du nouvel atelier, le moment est intense en réflexions. Car il va falloir un nouveau nom pour ce projet parallèle qui reste malgré tout lié à Calepino. Et puis un nouveau projet, c’est un peu plus qu’un nom à trouver !
C’est aussi un site Internet à développer, de nouvelles machines à acheter et à faire tourner, des aménagements à effectuer… Bref des investissements relativement lourds et un paquet de bons gros risques financiers, administratifs et commerciaux à affronter.
Parfois, la fatigue aidant, je me prends à rêver d’un partenaire mécène ou d’un associé providentiel qui viendrait tout simplifier, tout accélérer, tout dénouer. Saurait-il respecter l’identité de Calepino et du futur « projet XY » , leurs lentes maturations, leurs amitiés créatives et surtout leurs exigences de qualité  ?
Toute la question est là et, en ces temps de chaleur écrasante, elle est d’une actualité brûlante…

Alors je regarde le bilan que mon comptable m’a préparé pour mon rendez-vous à la banque, et je repense à cette interview à laquelle j’avais répondu à propos de Calepino. Le titre qu’avait trouvé le rédacteur :
« L’indépendance assumée ».